La découverte archéologique du Panama pourrait être la découverte la plus importante d'Amérique

Un site lointain situé dans la communauté d'El Caño, à l'ouest de la ville de Panama abrite ce qui pourrait être le trésor archéologique le plus important d'Amérique, dont on dit que la richesse égalerait ou surpasserait même les trésors de la tombe du Seigneur de Sipán découverte au nord du Pérou en 1987.

Il s'agit d'un complexe funéraire, ou nécropole, comprenant différentes tombes précolombiennes de caciques et de guerriers de haut rang enterrés avec de nombreux objets et vêtements d'or, de cuivre et des émeraudes retrouvés lors de fouilles menées depuis 2008.

Le cimetière vieux de 700 à 1000 ans est situé dans le parc archéologique El Caño dans la province centrale de Coclé à 150 km à l'ouest de la capitale du pays.

L'agence EFE a suivi le travail des archéologues qui profitent de la saison sèche pour continuer les fouilles, car en saison de pluie le travail est ralenti et les tombes sont inondées par les crues du Rio Grande.

Les attentes quant à la découverte initiée par le National Geographic Espagnol il y a deux ans n’en sont pas moins grandes pour l'équipe de chercheurs dirigée par l'archéologue panaméenne Julia Mayo. Les fouilles ont inspiré le metteur en scène espagnol José Manuel Novoa à entreprendre le tournage d’un documentaire.

Le fait que la découverte archéologique d’El Caño puisse être une des découvertes les plus importantes d'Amérique latine remplit Julia Mayo et José Manuel Novoa d'optimisme, bien qu’ils aient tous deux déclaré qu'il restait encore beaucoup de travail à effectuer sur le site.

Mayo a déclaré à l’agence EFE que durant les fouilles qui ont repris en février et qui se sont achevées en avril, ils ont ouvert une nouvelle tombe « du même type, de la même importance et dont les dimensions sont les mêmes » que la tombe du « Doble Pájaro » qui appartenait à un chef de guerre de haut rang.

Les fouilles ont été lancées par Mayo et un groupe d'experts en 2006 sur un terrain d'une superficie de 5000 m², mais les premières découvertes n’ont eu lieu qu’en 2008 et 2009.

Cette culture n'avait pas été étudiée et elle a été exposée durant les fouilles qui ont identifié une centaine de tombes ensevelies dans une nécropole où étaient enterrées des personnalités de haut rang.

Le cimetière découvert lors des fouilles a été utilisé durant environ 300 ans.

José Manuel Novoa n'hésite pas à affirmer que « que ce soit pour la valeur économique ou historique des pièces, des trésors, des trousseaux et des ossements retrouvés dans les tombes, la découverte est aussi importante, voire plus importante que la découverte de la tombe du Seigneur de Sipán ».

Le cinéaste a déclaré que la divulgation de cette découverte au travers d'un documentaire permettra d'identifier le Panama à quelque chose d'« unique dans toute l'Hispano-Amérique ».

« Cela fait des années que nous réalisons des productions archéologiques (cinématographiques), nous sommes ici pour une bonne raison, car la découverte peut tout à fait être comparée à la découverte de la tombe du Seigneur de Sipán au Pérou (_) qui, pour l'instant, est considérée comme la découverte la plus riche d'Amérique, jusqu’à ce que nous découvrions ce qui est encore enfui ici (à El Caño) », a déclaré le metteur en scène.

José Manuel Novoa a précisé que la richesse de la découverte ne réside pas uniquement dans l'or et les émeraudes retrouvés sur le site, mais surtout dans la « richesse de l'information et de l'étude des différents artifices ».

En ce sens, il a expliqué que dans le cadre de son documentaire sur El Caño, qu'il espère terminer en septembre 2015, il s'intéresse à « tout ». Il a déjà filmé les « pièces les plus importantes » découvertes au cours de ces dernières années ».

Wanda Films, Jaguar Films du Panama, l'archéologue Julia Mayo, la fondation El Caño et le National Geographic, qui finance les fouilles, font partie la réalisation de ce projet.

Le documentaire, tourné en haute résolution, comprendra la documentation du travail des archéologues, ainsi qu’une partie jouée par trois ou quatre acteurs principaux ainsi que 350 à 400 figurants, afin de donner vie à la civilisation qui porte à présent le nom de Civilisation ou « Culture de Coclé » qui occupaient la région où se déroulent les fouilles.

Des projections en 3D seront également réalisées par ordinateur afin d’expliquer de manière simple au spectateur la disposition des tombes et de reproduire des scènes virtuelles.

Le réalisateur, qui a 35 ans de métier, a réalisé sept documentaires sur le Pérou, dont le plus récent sur « La Dame de Cao », une dirigeante mochica il y a 1700 ans et la Ruta Moche qui traverse le nord du Pérou, la région dans laquelle s'était installée la civilisation mochica.

Source: Telemetro Reporta