Le village de Sinaí apparaît finalement sur la carte

Il a fallu que les 225 membres de l'expédition de la « Ruta Quetzal BBVA » se rendre au village emberá-wounaan de Sinaí, pour que celui-ci apparaisse en fin parmi les recherches de Google.

Eduardo Mejía, maire de la localité, a profité du micro qui lui était tendu par des journalistes du quotidien El País et de l'agence de presse EFE pour demander qu’une route asphaltée d'une distance de 11 km soit construite entre Playona, en bordure du fleuve Chucunaque, et Sinaí, deux villages de la province de Darién. Une promesse qui, selon lui, avait été faite par les dirigeants du pays il y a près de 5 ans et qui n'a pas encore été réalisée.

Dans le cadre du voyage la « Ruta Quetzal » de cette année retraçant l’expédition de Vasco Núñez de Balboa dans la province du Darién il y a près de 500 ans, les jeunes participants, provenant de 53 pays, ont dû parcourir la distance entre les deux villages à pied.

Arleny Marcos, originaire de la province de Veraguas et représentante panaméenne de cette XXVIIIe édition du programme éducatif, s'est plainte de l'état lamentable de la route.

Les jeunes sont arrivés au village Sinaí avec de la boue jusqu'aux genoux et les habitants du village leur ont prêté des vêtements et des sandales propres. « Nous ne parcourons pas ce chemin à pied par temps pluvieux, nous devons attendre l'été pour emprunter cette route », a expliqué Eduardo Mejía.

Le village amérindien avait été préparé pour l'occasion, car c’était une opportunité pour les habitants de montrer au monde qu'ils sont également capables d'offrir un tourisme de qualité. De plus, le cadre était idyllique. La nature et le fleuve sont à proximité, il n’y a pas de voiture et les seuls bruits audibles sont les bruits de la nature.

De nombreuses habitations de bois avaient été transformées en restaurants de campagnes improvisés et ont servi de réfectoires pour les jeunes. Les femmes ayant préparé le dîner ont reconnu qu'elles n'ont jamais eu autant de convives à table. Les autorités ont calculé que la visite de l'expédition internationale a représenté plus de 4 000 dollars de recettes pour les habitants de la région.

Après le long voyage de 11 km et d’approximativement 10 heures à travers la forêt, les jeunes ont campé au village. Le lendemain matin, Litzandar Louda, un jeune habitant de la province de Darién participant à l'expédition, a revêtu le rôle du guide et a expliqué les coutumes de son peuple à ses camarades européens, comme, par exemple, ce que signifie « sancochar » lors de l'atelier de cuisine au bois.

Le village wounaan a ouvert ses portes ainsi que sa culture aux jeunes durant leur séjour dans le village et ses habitants ont proposés différents ateliers aux jeunes tels que des ateliers de biologie, de peinture corporelle à base de tagua, de pêche, de chasse, de cuisine et de danses populaires. Durant la nuit, les jeunes ont écouté des histoires et ont assisté aux danses populaires, comme la danse du coq autour du bûcher de Saint-Jean, une fête populaire célébrée en Espagne le 23 juin à minuit, soit la nuit la plus courte de l'année.

Source : www.laprensa.com.pa